(sans doute atteint de subjonctivite !)
Ah ! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Que fièrement vous vous tussiez.
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me desespérassiez,
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m'assassinassiez.
Ce poème que l'on pourrait qualifier de "gargarisable" tellement il fait du bien
lorsqu'on le déclame, démontre la permanence du souvenir d'Allais et la continuité de sa manifestation
puisque, sans chercher à être complet (comme ne l'écrivent pas les coupeurs d'exhaustifs en quatre).
Pierre David- qui scrute pour nous la presse-nous a communiqué les informations suivantes :
-Ce poème a été mis en musique par François Rauber et enregistré par Juliette Gréco en 1969. Le
disque, qui contenait d'autres chansons emprunta même son titre à Alphonse
Allais: "Complainte amoureuse" (lu dans "Juliette Gréco" de
Bernard Dicale chez Lattés en 2001).
Il vient de reparaître dans un quotidien, mais celui qui l'a copié a mentionné insolemment ensuite
:Ode à l'humanité ou emploi du subjonctif. Auteur inconnu. (c'est pourquoi nous ne citerons ni le
"citeur" ni le journal).
-Un peu avant Gréco, Romain Gary avait utilisé cette déclaration d'amour à Jeanne Avril en épigraphe
de "Lady L" et l'avait replacé en situation à l'avant-dernière page du livre.
- Enfin, André Dussolier le déclame fort joliment dans son one man show.
(information communiquée par Jean-Yves Loriot conservateur du Musée A.A. d'Honfleur)
le Chat Noir, A.A. le 14 mars 1885
Le 26 février 1802 lorsqu'on vient déclarer à la Mairie de Besançon la naissance de l'illustre poète,
le scribe municipal en entendant décliner le nom de l'enfant, ne put réprimer un
mouvement d'admiration:
-Victor Hugo oh ! oh !
Le soir, au repas de famille, il ajouta au menu ordinaire deux bouteilles de vin vieux.
Comme sa femme et ses enfants semblaient étonnés de ce luxe :
Nous pouvons bien faire un petit extra ce soir, car c'est aujourd'hui qu'est né Victor Hugo, notre grand
poète national.
On peut remarquer qu'A.A. n'ignorait rien de la science-fiction ou de la divination.
Le récent transfert des cendres d'Alexandre Dumas au Panthéon, nous remet en mémoire ce poème d'Alphonse Allais:
Lors d'un voyage en mer que fit Allais Alphonse,
Il se passa ce fait qu'au public je dénonce:
A l'heure de l'absinthe, au mât du perroquet
Comme pour l'étrangler, on l'vit qui s'accrochait.
...........................................................................
...........................................................................(1)
Le lieutenant, qui l'avait vu monter, crie: Stop!
Rassemblant ses trois mousses, leur dit: "Qui est-c' qui a vu
Allais d'sendre du mât? "
Et ne purent les trois mousses qu' s' taire!
(1). Ces deux vers ont été faits à coups de poing dans le but non dissimulé d'intriguer le lecteur.
SEMBAD LE MALIN
(ALPHONSE ALLAIS)
Le Sourire, 2 février 1901.

Préface
L'auteur de cette marche funèbre s'est inspiré dans sa composition, de ce
principe, accepté par tout le monde, que les grandes douleurs sont muettes.
Ces grandes douleurs étant muettes, les exécutants devront uniquement s'occuper à compter
les mesures. au lieu de se livrer à ce tapage indécent qui retire tout caractère auguste aux
meilleures obsèques.

-
Puisque nous sommes à Honfleur, Alphonse ne put s 'empêcher de penser que par malheur, il est des cas
où les phares, si nombreux soient-ils et si éblouissants, ne suffisent pas à avertir du danger le
pauvre navigateur.
Le brouillard est parfois si intense en mer, que le matelot n 'aperçoit même pas la lueur de sa pipe.
-
Il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
-
Exact et en la matière une idée, de notre inventeur fumante et bien sentie.
" C'est alors qu'on songea, puisque le sens de la vue n'était point, en ce
cas, utilisable, à faire appel au sens de l'ouïe et qu'on inventa la sirène aux lugubres et
avertisseurs meuglements.
Cet appareil ne donna point les résultats qu'on attendait de lui, car si
puissante que soit la sirène, sa portée à des limites assez humbles.
Autre inconvénient de la sirène même les plus exercés marins se trompent
facilement sur la direction du son. A une certaine distance, ils font des erreurs d'estime qui vont
jusqu'à 90 degrés.
Alors quoi ? La vue et l'ouïe sont, dans bien des cas, au-dessous de leur
mission.
D'autre part, les sens du toucher et du goût ne sauraient, dans une question
de récifs, être de la moindre utilité. Reste le sens de l'odorat.
Personne jusqu'à présent, n'a songé à employer le nez pour flairer le roc
prochain.
Et je proposai à l'administration compétente de créer des bouées à odeur pour
parages dangereux.
Pourquoi donc pas?
Voyez-vous d'ici le tableau une nuit noire, épaissie d'un brouillard compact.
Pas un feu sur terre, pas une étoile au ciel.
Comme musique, le sifflement du vent dans les cordages, le fracas des vagues,
le cri des femmes et des enfants.
Où sont-ils les pauvres matelots ! Dieu seul le sait et peut-être n'en est-il
pas bien sûr
Tout à coup le capitaine a reniflé par N.-N.-O. un puissant relent de vieux
roquefort et par S.-E. une fine odeur de verveine.
Il consulte sa carte et reconnaît sa position. Sauvés merci, mon Dieu
Il manœuvre en conséquence, et une heure après, le navire est au port ;
tout le monde, matelots et passagers, entonnent, les uns des hymnes de grâce, les autres, des grogs
bien chauds.
Malheureusement, tout cela n'est qu'un rêve.
La routine, la hideuse routine est là qui veille, barrière à toute idée neuve,
à tout progrès, à tout salut!
L'administration des Phares n'accusa même pas réception de son projet
de smell-buoy.
- Est-il trop tard? interroge le Chat.
- Piquant mon fard, je me hasarde à suggérer l'odeur du Gruyère
(chère à la marine suisse) pour indiquer sur la côte quelques trous pouvant abriter nos navires en
détresse. Enfin faisant allusion au Pourquoi-pas (réponse bateau à vos possibles interrogations ou
susceptibilités) je propose de parfumer les bouées au Brie (de l'or!) ou au fromage de Hollande pour
retrouver le PS. (PORT SALUT)
- C'est malin !!! gloussa Absinthe.
- Eh ! Dame... Edam (faut tout vous dire!)
![]() |
1846 - Le pâtissier Lefebvre ouvre une
pâtisserie à Nantes, avant d'épouser une
demoiselle Utile. Leur mariage donnera la marque LU (comme Lefebvre-Utile) |

Carte postale de Honfleur écrite par Alphonse Allais

Un manuscrit de "La vie drôle" avec corrections de l'éditeur -1ère page -
"Utilisation patriotique du crocodile"

document Jean Schifrine ©
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