La Préfecture du Calvados est devenue le troisième abri-buste d'Alphonse Allais. Après Montmartre et Honfleur, c'est à Caen qu'Allais est allé ; mais quand ? Le samedi 16 septembre dernier, veille de la Journée du Patrimoine au cours de laquelle le buste allait pouvoir enfin s'offrir aux visiteurs.
Lors de l'inauguration officielle, Xavier Jaillard a tenté de jouer les facilitateurs entre Monsieur le Préfet et le sculpteur (la sculptrice ?... sculpteuse ?... sculptesse ?..) Agnès Rispal, femme très polyvalente s'il en est.
Ainsi, notre intermédiaire a-t-il décidé de bousculer les usages en présentant Monsieur le Préfet Cyrille Schott à notre artiste et non pas le contraire, ce qui aurait été naturellement plus protocolaire.





Xavier Jaillard a donc fait de notre Préfet…. préféré le Roi d'un soir en sa demeure et lui a permis, sans regrets ni remords, de voler la vedette à l'auteur du buste… jusqu'à en perdre quasiment la tête. Heureusement, Philippe Davis était là pour serrer la vis
Xavier n'étant pas du genre à lâcher prise, il a tout fait pour qu'une réelle complicité s'installe entre eux.
L'apprenti entremetteur avait en effet réuni les meilleures conditions pour tenter un rapprochement heureux entre Agnès et Cyrille


- le cadre spectangulaire et luxuheureux du salon d'honneur de la Préfecture de la Région Basse-Normandie et du Calvados.
- les témoins : Nicole Artus, la petite-fille d'Alphonse, Christian Marin, le gendarme tropézien reconverti en poète et Grégoire Lacroix, affirmant, dur comme fer, que Tolstoï et lui sont sur un pied d'égalité ; et pour cause, Tolstoï n'a jamais rien lu de Lacroix, et réciproquement !
- le cocktail, débouchant, selon le porteur de mots valises Alain Créhange, sur un apérotisme, à savoir une mise en appétit pouvant inciter à alcâliner plus longtemps. - la sérénade, jouée par Gérard Poncet au saxophone et Grégoire Lacroix à la guitare, deux amusiciens de talent.





Cyrille Schott étant bien loin du crapaud évoqué par Christian Marin dans son poème, et Agnès Rispal ne ressemblant en rien à la lolitarte de Créhange, le miracle devait logiquement se produire. Un miracle pas plus rispallaisien que cyrillusoire, mais bien coudefoudresque.
Cyrille Schott, après avoir pris la place du cousin de Xavier Jaillard à la Préfecture de la Nièvre (ce qui est parfaitement exact !) volera-t-il le cœur d'Agnès ? A suivre…

Claire Mézerais



INAUGURATION DU BUSTE A CAEN LE 16/09/2006

discours de Philippe Davis

Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les Elus et Représentants de l'Etat, Madame Nicole Artus, petite-fille d'Alphonse Allais, Madame Agnès Rispal, Monsieur Christian Marin, Mesdames et Messieurs les Présidents, Chers Académiciens et amis d'Alphonse,
L'année du centenaire de la disparition d'Alphonse Allais fut celle de sa résurrection sous les doigts du célèbre sculpteur Agnès Rispal ; un miracle rispal… laisien, diront les plus accros…
Nous aurons installé trois bustes en trois lieux symboliques de la vie du Maître : le Musée de Montmartre, la Grande Médiathèque de Honfleur et l'Hôtel de la Préfecture de la Région Basse Normandie et du Calvados.
Nous sommes fiers de cette triple " auréolisation ", parce qu'il le vaut bien, comme on dit chez l'auréole.
Du 5 au 18 mars 2005, Alphonse Allais s'exposait déjà ici même, sous les ors de la République, à l'initiative de Monsieur Cyrille Schott, notre Préfet… préféré.
Cette exposition avait déjà fait grand bruit dans le tout Caen, dira-t-on ; son vernissage avait réuni d'illustres membres de notre Académie, entre autres Roger Pierre, Louis Velle et Pierre Arnaud de Chassy-Poulay.
Agnès Rispal, en offrant son talent à la République, nous permet de nous retrouver aujourd'hui dans ce salon d'honneur, prestigieux abri buste d'une nouvelle R.A.T.P. (La Régie Allaisienne des Travaux Préfectoraux).
Pour Agnès Rispal, cette œuvre représente la consécration d'une carrière d'exception au cours de laquelle elle a fixé dans le bronze les traits des plus grandes célébrités de ce monde.
Permettez-moi de profiter de cette occasion unique pour la nommer, dans l'instant, Membre d'Honneur de notre Association.
Je tiens à remercier chaleureusement le gendarme Christian Marin qui a accepté d'être le parrain de cette cérémonie, ainsi que Madame Nicole Artus qui a accepté d'en être la marraine.
En ces journées d'ouverture au public du Patrimoine national, il est bien naturel qu'Alphonse Allais rejoigne ce bâtiment chargé d'Histoire, lui qui a été et demeure à plus d'un titre, pour la littérature française, un monument historique.
En effet :
. L'architecture de son écriture nous " envoûte " depuis des lustres,
. Il a érigé son art dans les " colonnes " de nombreux journaux de l'époque,
. Il a " charpenté " l'humour à son " comble " dans les greniers de Montmartre et d'Honfleur,
. Il a " échafaudé " des " tours " de phrases rocamburlesques,
. Et bien qu'ayant peu fait dans le style " roman ", son vocabulaire n'a jamais été " argotique ".
Un véritable " architexte ".

Pour avoir compris tout cela avant moi, merci Monsieur le Préfet.